Musée d'Art Chinois et Ethnographique Missionnaires Xavériens - V.le S. Martino, 8 - Parma, Italie 0521-257.337

Musée d’Art Chinois

Éblouis par la beauté des objets d’art

 

Vase en céramique offert par sen. Fedele Lampertico Museo d'Arte Cinese ed Etnografico
Vase en céramique offert par Sénateur F. Lampertico

Le Musée d'Art Chinois de Parme se démarque des autres institutions similaires en Italie. En effet, s’il ne possède pas beaucoup de pièces ayant une valeur exceptionnelle ou artistique unique, il peut toutefois montrer des pièces de collection extrêmement significatives et représentatives et, en ce qui concerne les bronzes ou la céramique, couvrant presque toutes les époques de l'histoire artistique de la Chine.

Ce musée est né en 1901 grâce à Mgr Guido M. Conforti, évêque de Parme, qui avait été ébloui par la beauté de certains objets d’art chinois qui lui avaient été donnés. Pour Mgr Conforti, animé d’une “passion universelle”, le musée devait être un instrument permettant de faire connaître la Chine. Il résumait sa pensée dans une devise : “faire du monde une seule famille”.

Au terme d'une visite à notre musée en 1998, le professeur Ye Zhemin de l'Académie Centrale d'Art et d’Artisanat de Pékin, éminent expert en art de la céramique, a laissé ce témoignage écrit : “ (Dans ce musée) est représentée, en somme, toute la production de la céramique chinoise à travers les âges, au point de constituer une séquence historique-artistique complète. De plus, dans ce musée sont conservés des bronzes des dynasties Shang et Zhou, des peintures appartenant aux dernières dynasties, des tissus, des sculptures en ivoire, des vêtements et d’autres pièces de l'artisanat populaire. Ainsi le nom donné à ce musée, ‘Musée d'Art Chinois’, correspond pleinement à la variété et à la qualité de ses collections”.

Une visite à notre musée ne déçoit ni l'expert ni l'amateur de belles choses en général et de l'art chinois en particulier. Il offre la possibilité d'admirer, par exemple, un encrier "goutte d'eau" en forme de tortue (dynastie Han orientale) dont le professeur Ye Zhemin écrit: “On ne peut définir cette pièce que comme étant admirable et très spéciale pour un musée en Occident”, étant donné qu’elle est même très difficile à trouver en Chine.

Le Musée d'Art Chinois possède également une riche collection de peintures, d’estampages et d’inscriptions qui, pour le moment, ne sont pas exposés faute d'espace ou à cause des travaux de restauration. Il en est de même de quelques rares pièces de tissus. En dernier lieu, nous mentionnons la très riche collection numismatique chinoise qui ne sera visible dans son intégralité qu’une fois le catalogue terminé.

 

Les Collections

Didactic panel on the people Kayapò
Vase Meiping
Dynastie des Xia occid.

Les Céramiques

L’art de la céramique a été sans aucun doute l’expression la plus populaire de l’art chinois. Tandis que le bronze, le jade et la peinture sont l’apanage des élites, tout le peuple s’exprime dans la céramique qui se donne à voir dans le monde entier. Rien n’est aussi célèbre que la céramique chinoise.

La porcelaine est l’une des découvertes majeures du peuple chinois. Dès sept mille ans av. J-C. et jusqu’à ce jour, les différentes ethnies chinoises ont produit des terres cuites fonctionnelles colorées et esthétiquement très soignées. On continue aujourd’hui à produire des céramiques de tous genres qui présentent un excellent niveau artistique et un style propre, bien défini, typiquement chinois. Les céramiques ainsi que la technique nécessaire pour les produire se sont, au fil du temps, diffusées en dehors de la Chine. L’art de la céramique est ainsi devenu l’un des dons les plus extraordinaires de la civilisation chinoise au monde entier.

 

Vaisselle rituelle
Vaisselle rituelle

Les Bronzes

Parmi les expressions qui racontent et documentent une civilisation donnée, l’Art constitue un indicateur des plus éloquents. Cette affirmation vaut particulièrement pour le travail du bronze en Chine. Il est notoire que l’art du bronze a connu son essor en Chine en des temps bien plus tardifs que ceux de l’Occident. Le fait, cependant, que cet art – introduit en Chine au cours du deuxième millénaire avant Jésus Christ – ait atteint, immédiatement et sans passer par des périodes de tâtonnements, des niveaux techniques et de style supérieurs à ceux auxquels étaient parvenus les autres peuples du bassin méditerranéen ou du Proche-Orient à la même époque, force notre admiration.

Pour les Romains, le bronze était, en quelque sorte, la mesure de l’éternité. Ils disaient, en effet, d’une réalité hors du temps, qu’elle était "aere perennius", soit “plus durable que le bronze”. Le fait de pouvoir admirer les bronzes produits par le peuple chinois tout au long des millénaires nous permet de percevoir l’âme, le sens du mystère, les canons de beauté et la soif de dépasser le temps présent de ce peuple.

 

Chrysanthème Tan Fu Hsi - Sec XII
Chrysanthème: Tan Fu Hsi - Sec XII

La Peinture

Dans la peinture chinoise triomphe une simplicité épurée, si riche de signification qu’elle peut parvenir à symboliser les principes les plus profonds de la philosophie, de la morale, du social, jusques aux frontières de l’ascèse. Le peintre était le plus souvent à la fois philosophe, sage, interprète de la nature et à même d’en exprimer le mystère.

Les Chinois considéraient la peinture comme “la perfection du savoir”. En 847, Chang Yen-Yuan écrit : “La peinture joue un rôle en faveur de la culture et des principes d’une droite moralité ; elle pénètre tous les aspects de la vie universelle et sonde le subtil et le mystérieux, et, de cette façon, elle sert de support aux six Soûtres et se déroule suivant les quatre saisons. Elle tire son origine de la nature et nullement de la pensée ni des oeuvres de l’homme”.

Le musée possède une centaine de tableaux, sur papier ou sur soie, outre des estampages et des inscriptions, qui ne sont pas actuellement exposés mais sont conservés dans nos réserves, faute d’espace et en raison du travail de restauration auquel ils vont être soumis.

 

Collier du XIXe siècle
Collier du XIXe siècle

Les arts mineurs : collection d’objets en ivoire, bois, pierre et jade

Outre, les pièces décrites dans les trois collections susmentionnées, le musée possède des oeuvres représentatives d’un art qualifié de “mineur” en raison des matériaux utilisés pour produire ces objets et de la diffusion moins importante de ces pièces. Il s’agit d’objets en jade, en étain, en pierre, en bois, en laque et en ivoire, auxquels il faut ajouter quelques tissus précieux dont la restauration n’est pas encore achevée. On peut admirer dans nos réserves des habits richement brodés. Nos visiteurs pourront être agréablement surpris de découvrir dans le musée une très importante collection d’anciennes monnaies chinoises (près de 5 000 pièces).

Cette collection numismatique a été rassemblée dans les provinces du Henan et du Shanxi entre 1904 et 1942. Le professeur Serafino Ricci qui a personnellement examiné cette question, écrit : “Par la rareté, la variété et la richesse des pièces les plus anciennes qui la composent, c'est une des meilleures collections existantes”.