Musée d'Art Chinois et Ethnographique Missionnaires Xavériens - V.le S. Martino, 8 - Parma, Italie 0521-257.337

Kayapó : Le village et les masques

 

Kayapó : Le village et les masques
Kayapó : Le village et les masques

Les villages kayapós ont normalement une structure circulaire au centre de laquelle se trouve la maison des hommes où s’organise toute la vie du village. Le mythe raconte que ce modèle circulaire de village a été copié sur les ruches des abeilles sauvages : un espace circulaire fermé avec en son centre l’orifice par lequel les abeilles entrent dans la ruche.

Les maisons (kikre – littéralement espace autour du feu) sont construites sur la circonférence du cercle et appartiennent aux femmes qui vaquent aux occupations domestiques, s’occupent de l’éducation des enfants, de la culture des légumineuses, de la collecte des fruits et du ramassage du bois pour le feu. Le soir est le moment où les hommes rentrent dans leur maison où ils passeront la nuit.

Le cercle est également, selon les Kayapós, la forme qui caractérise l’univers et le temps qui est la répétition cyclique du passé raconté dans les grands mythes d’origine de ce peuple. Les nombreuses fêtes qui émaillent la vie du village se déroulent au rythme de l'instrument musical par excellence, le ngôkon, une crécelle rappelant dans sa structure l'axe central de la sphère de l'univers.

 

Les masques kayapós: tête de poisson, singe brésilien, singe guariba au pelage noir, fourmilier
Les masques: tête de poisson, singe brésilien,
singe guariba au pelage noir, fourmilier

Les masques

Les masques kayapós sont liés au monde des mythes et des ancêtres. Ils rendent présents les esprits des ancêtres et les héros mythiques. Le danseur qui porte le masque incarne la volonté de perpétuer la culture et représente les situations les plus typiques de la vie (amour, procréation, correction des moeurs, dénonciation de comportements erronés, etc.).

Les Kayapós prennent particulièrement soin des masques qui sont confectionnés loin des regards des femmes, des enfants et des malades. Ils interviennent durant les cérémonies d’attribution aux enfants de leur nom rituel (beau nom) dont ils ne peuvent se défaire que pour de graves motifs.

Ils sont de 4 types :

  • Le masque kôkô kukà (tête de poisson). Il est confectionné à l’aide des fibres du palmier-bâche et couvre la personne de la tête aux pieds. Il entre en scène en se déplaçant à petits pas, sans se mêler aux autres masques. Il représente les ancêtres.
  • Le masque kukoj-re (singe brésilien). Il est constitué d’un corps en paille qui descend jusqu’aux pieds de celui qui le porte. Le visage aux grands yeux et aux grandes oreilles ressemble à celui d’un singe et est divisé en deux parties par une bande colorée rouge/bleue. Il saute et pirouette et met en scène des événements passés ou des histoires joyeuses de la vie quotidienne. Avant de se retirer, il passe dans les maisons pour recevoir de la nourriture.
  • Le masque kubyt (singe guariba au pelage noir). Contrairement au masque kukoj-re, il représente le côté désagréable de la vie. Il saute et gesticule, fait des plaisanteries et des farces, épouvante les enfants, dévoile publiquement les secrets et se moque des défauts des présents. Pour ne pas se faire battre par les spectateurs, il doit être leste et prompt à fuir.
  • Le masque pàt (fourmilier). Il est constitué de deux parties : un corps en forme de cône fait en fibres tressées, dans lequel sont pratiquées deux ouvertures pour les bras, et se finissant dans le bas par des bandes d'écorce de couleur marron. Au sommet, un manchon recourbé revêtu de coton rouge urucum d’où sort un long fil qui représente la langue du fourmilier.