Musée d'Art Chinois et Ethnographique Missionnaires Xavériens - V.le S. Martino, 8 - Parma, Italie 0521-257.337

Le bureau du lettré

Prof. Nicoletta Celli

 

porte-pinceaux
Porte-pinceaux
Le bureau du lettré

Le bureau du lettré était entouré de silence, s’ouvrait généralement sur le jardin intérieur et était destiné à l’étude des arts. Dans la sérénité de cet espace privé, le maître de maison pouvait s’abstraire des soucis de la vie quotidienne et se consacrer à la calligraphie, à la peinture, à la poésie ou à la musique.

Dans le bureau, peu de meubles et une savante sélection d’objets contribuant à créer les conditions idéales pour se concentrer et pratiquer les activités intellectuelles et l’art. Les éléments indispensables étaient le bureau et sa chaise ; une armoire, une console ou une bibliothèque pouvaient venir compléter l’ameublement La sobriété était de mise et s’exprimait dans les lignes simples des meubles, dans l’absence d’ornements et dans la prédilection pour la qualité du bois.

Les objets fixés aux murs ou disposés sur les meubles constituaient la collection de curiosités ou d’antiquités qui dévoilait le goût ou les préférences esthétiques du maître de maison.

matrice de bois Xilografica
Matrice de bois
Les plus importants étaient les instruments figurant sur la table de travail. Ils constituaient ensemble les “quatre trésors” indispensables à l’écriture et à la peinture (papier, pinceau, encre et pierre à encre). Au-delà de leur fonction, les pierres à encre étaient choisies pour la qualité naturelle de la roche, exaltée par le travail artisanal. Le même critère déterminait le choix des bâtonnets d’encre dont les formes pouvaient rappeler des objets anciens et être enrichis d’inscriptions poétiques. De même, les porte-pinceaux en bambou portant des décorations gravées étaient très appréciés pour la simplicité de la matière.

D'autres objets étaient choisis pour le raffinement avec lequel ils avaient été travaillés, pour leur matériau précieux ou la signification qui leur était attribuée. Un calice en bronze, voilé par la patine couleur jade, pouvait à lui seul évoquer la tradition ancienne et prouver l'érudition de son propriétaire ; une céramique monochrome suggérait des rappels poétiques à la nature, tandis qu’une coupe en corne de rhinocéros était admirée pour son exotisme et les vertus magiques attribuées au matériau.

Les murs du bureau pouvaient enfin accueillir un rouleau vertical vergé portant une calligraphie ou la peinture d’un paysage. L’exposition avait un caractère temporaire et occasionnel et le choix du rouleau pouvait être inspirée par le début d’une nouvelle saison, un état d'âme particulier ou la visite d'un ami avec lequel partager les plaisirs de l'art.