Musée d'Art Chinois et Ethnographique Missionnaires Xavériens - V.le S. Martino, 8 - Parma, Italie 0521-257.337

La tradition de l’estampage

Prof. Nicoletta Celli

 

Temple de Wo Long Gang, La colline du dragon endormi 1920
Temple de Wo Long Gang
La colline du dragon endormi (1920)

La tradition chinoise de l’estampage a près de 1500 ans. Ses origines ne sont pas connues, mais il est vraisemblable que la pratique de reproduire à l’encre sur du papier des textes philosophiques ou religieux gravés sur des stèles en pierre soit née dans les premiers siècles de notre ère et qu’elle ait été utilisée au départ pour des œuvres confucéennes et par la suite pour des pièces taoïstes et bouddhistes. Le plus ancien exemplaire qui nous soit parvenu remonte à la première moitié du VIIe siècle. Deux siècles plus tard naît en revanche l'habitude de collectionner les estampages.

La technique consiste à étendre une feuille de papier humidifiée et à lui faire épouser la surface à reproduire. On tapote ensuite avec un tampon imbibé d'encre le papier ainsi préparé. Quand l’encre a séché, on décolle le papier du support. Les inscriptions ou les dessins gravés sont ainsi reproduits en blanc sur un fond noir (ou en noir sur fond blanc dans le cas de motifs en relief).

Shouxing Dieu de la longévité 1920
Shouxing
Dieu de la longévité (1920)
La fidélité à l’original assurée par ce système de reproduction a fait le succès de l'estampage apprécié comme une œuvre d'art surtout lorsqu'il s'agissait de reproduire de célèbres calligraphies, des images ou des documents d’une grande valeur. Les modèles de calligraphie (fa tie 法帖) étaient de précieux instruments d’étude pour les aspirants calligraphes, tandis que les textes canoniques étaient la matière première pour la formation des chercheurs qui pouvaient compter sur une reproduction parfaite, dépourvue des erreurs éventuelles d’un copiste distrait. Quasi ancêtres de nos photocopieurs, les gravures sur pierre avaient comme avantage une sérialité potentiellement illimitée et l’avantage imprévisible de transmettre aux générations futures des calligraphies ou des peintures célèbres dont les originaux sur soie et les reproductions sur pierre se sont perdus au fil du temps. Bien que la pierre ait été privilégiée, les inscriptions ont également eu comme support le bois, la céramique, le bronze et le jade.

Les estampages exposés représentent des animaux, décoration fréquente dans un cadre funéraire et des sujets divers (personnages du répertoire taoïste et bouddhiste, reproductions de célèbres monastères ou de lieux sacrés ou de sujets picturaux) exécutés à partir de gravures sur stèles de pierre.